Publié grâce au soutien
du Ministère de la Culture
du Département du Lot
SOMMAIRE
1 – Les os fichés de la grotte ornée des Fieux (Miers, France)
2 – Le gisement du Moulin à Vent (Saint-Laurent-La-Vallée, Dordogne. Paléolithique moyen, Solutréen, Mésolithique et Néolithique
3 – Le chamois/isard (Rupicapra rupicapra) dans l’art mobilier du Paléolithique supérieur en Europe occidentale
4 – Contribution à l’Histoire du gisement de Laugerie-Haute (Les Eyzies, Dordogne). Les fouilles du Musée d’Art et d’Archéologie du Périgord à Laugerie-Haute Ouest (1899-1909)
Résumé des auteurs
Les os fichés de la grotte ornée des Fieux (Miers, France)
Cinq « os fichés » paléolithiques ont été récemment découverts dans la grotte des Fieux, ornée au Gravettien et peut-être à l’Aurignacien. Le corpus révèle une grande variabilité. Rares sont les caractéristiques communes à toutes les pièces. Une première étude a permis d’avancer quelques hypothèses sur leur mise en place et de proposer quelques pistes de réflexion.
Les gestes d’enfoncement sont fermes et appuyés, volontaires. Il ne s’agit pas de dépôts conjoncturels ou accidentels. Hormis un cas, rien ne permet d’écarter l’hypothèse que les os fichés aient été des objets fonctionnels.
Aujourd’hui, aucune des cinq pièces ne dépasse du bord des fissures dans lesquelles elles sont enfoncées. Les cassures qui affectent les os fichés sont anciennes, mais leur caractère intentionnel n’est pas établi.
Dans un cas, une cassure préhistorique sur os sec est postérieure à la mise en place de l’os. L’os fiché serait une esquille récupérée au hasard au Gravettien parmi les os erratiques abandonnés plusieurs années ou quelques siècles plus tôt.
Le bris naturel envisagé pour certains os fichés soulève l’hypothèse d’une décomposition biochimique qui serait révélée par la présence de formations superficielles constituées d’hydroxyapatite.
Une pièce unique a peut-être été débitée pour être insérée dans deux endroits distincts. L’intention est bien différente d’un simple ramassage aléatoire d’esquilles indifférenciées pour les enfoncer dans la paroi.
La présence de pigment rouge sur un os confirme l’ancienneté de sa cassure et permet d’affirmer qu’il a été fiché avant la réalisation de la main négative qui le recouvre. Mais on ne sait si la superposition est intentionnelle ou seulement le fruit d’un hasard.
La configuration gravettienne de la cavité révèle que les os fichés, et accessoirement les mains négatives, étaient peut-être un peu en prise avec la lumière du jour.
Mis à part les cinq os fichés en position de dépôt primaire, tout le matériel trouvé jusqu’à présent dans la grotte doit être considéré comme erratique.
Résumé des auteurs
Le gisement du Moulin à Vent (Saint-Laurent-La-Vallée, Dordogne. Paléolithique moyen, Solutréen, Mésolithique et Néolithique
Découvert en 1955 et partiellement fouillé en 1955-1957 par Claude Barrière, le site du Moulin à Vent (commune de Saint-Laurent-La-Vallée, Dordogne) a fait l’objet, de 2019 à 2022, de nouvelles opérations archéologiques qui, tout en confirmant le caractère remanié du site, ont permis d’identifier la présence d’au moins cinq phases d’occupations – Moustérien, Solutréen supérieur, Mésolithique ancien et récent, Néolithique moyen/récent – appréhendées par une approche techno-typo-lithologique. L’opération 2019-2022 a spécialement mis l’accent sur l’étude du matériel solutréen.
Résumé de l’auteur
Le chamois/isard (Rupicapra rupicapra) dans l’art mobilier du Paléolithique supérieur en Europe occidentale
Le chamois appartient à la famille des Bovidae et à l’espèce chamois (Rupicapra). Le chamois a été rarement représenté par les artistes du Paléolithique supérieur européen. Les figures de chamois se distinguent de celles des bouquetins notamment par la forme de leurs cornes et par la différence de couleur de la tête qui est parfois indiquée par une bande sombre dite bande jugale. Toutes les figures connues proviennent de sites situés en France et dans la péninsule Ibérique. L’objectif de cet article est de présenter les représentations de chamois dans l’art mobilier avec une synthèse indiquant également les figures de chamois dans l’art pariétal et les sites d’art rupestre en plein air en Europe occidentale.
Résumé de l’auteur
Contribution à l’Histoire du gisement de Laugerie-Haute (Les Eyzies, Dordogne). Les fouilles du Musée d’Art et d’Archéologie du Périgord à Laugerie-Haute Ouest (1899-1909)
L’histoire de l’exploitation des gisements qui ont joué un rôle essentiel dans la construction de la science préhistorique est très mal connue. Le désintérêt des préhistoriens pour l’histoire de leur discipline et celui des historiens pour la préhistoire expliquent en grande partie cet état de fait. Pourtant, bien que lacunaire et dispersée, la documentation existe et permet parfois de retracer de manière assez détaillée certaines fouilles. C’est le cas notamment de celles qui ont été exécutées entre 1899 et 1909 à Laugerie-Haute Ouest par Maurice Féaux et Gérard de Fayolle pour le compte du Musée du Périgord. L’apport d’une telle étude est double. Sur le plan historique, elle permet tout d’abord d’observer les conditions dans lesquelles se préparent et se déroulent nombre de travaux archéologiques au début du XXe siècle. Par ailleurs, elle met en lumière les enjeux autour desquels se construit alors la science préhistorique : droit de fouilles, propriété de leur produit, patrimonialisation des gisements et des objets mobiliers qui en sont extraits… Sur le plan préhistorique, elle permet d’attirer l’attention sur le produit de ces fouilles qui, bien souvent, n’a fait l’objet à l’époque que d’un examen très sommaire.
L’association « Préhistoire du Sud-Ouest » est entièrement indépendante de la Mairie de Cabrerets. Nous remercions la commune, ses élus, et la direction du centre du Pech-Merle de leur soutien sans faille.