SOMMAIRE
1 – Dents animales paléolithiques perforées à la grotte du Placard (Charente, France). Indices d’une sépulture de badegoulien(s) cannibalisé(s) ?
2 – Sondage devant l’entrée de la grotte Roussignol à Reilhac (Lot, France) et découverte d’un niveau mésolithique en place.
3 – La sépulture du Néolithique récent de l’igue des Grézals 2 à Théminettes (Lot).
4 – Nouvelles données sur l’architecture domestique de la fin du Néolithique en Charente : le site des « Marcioux » à Segonzac.
5 – Les occupations préhistoriques du site de Minerve (Hérault). Secteur des lices nord-orientales.
Résumé des auteurs
Dents animales paléolithiques perforées à la grotte du Placard (Charente, France). Indices d’une sépulture de badegoulien(s) cannibalisé(s) ?
Entre 1878 et 1927, la grotte du Placard (Charente, France) a eu une place importante dans l’étude du Paléolithique supérieur européen : découverte de belles pièces ouvragées lors de la genèse de la discipline préhistorique, puis référence de H. Breuil pour établir la chronologie interne au Magdalénien. Tombée dans l’oubli, cette grotte connut un regain d’intérêt avec la découverte en 1988 d’art pariétal solidement daté du Solutréen. L’étude des dents percées découvertes sous la direction de J. Clottes, couplée aux conclusions de travaux publiés en 2019 par B. Boulestin et D. Henry-Gambier, permet à nouveau de placer la grotte du Placard au premier plan de la recherche : au Badegoulien, on y a peut-être pratiqué des rituels funéraires sur des individus préalablement cannibalisés.
L’étude des dents perforées confrontée aux identifications de pratiques cannibales invite à s’interroger : et si des individus cannibalisés avaient eu droit à une sorte de sépulture ?
Résumé des auteurs
Sondage devant l’entrée de la grotte Roussignol à Reilhac (Lot, France) et découverte d’un niveau mésolithique en place.
En 2021, un travail collectif de synthèse débouchait sur la publication d’une monographie des occupations préhistoriques de la grotte Roussignol. Un sondage réalisé en 2022 vient compléter ces travaux. Il a permis d’identifier et de commencer à caractériser un niveau mésolithique encore en place devant l’entrée de la grotte.
Des modalités de débitage de bois de cerf qui pourraient caractériser des usages mésolithiques locaux. Et leur datation : 7324 – 7072 cal BC à 95,4 %.
Résumé des auteurs
La sépulture du Néolithique récent de l’igue des Grézals 2 à Théminettes (Lot).
Une opération de fouilles archéologiques a été réalisée à l’igue des Grézals 2, à Théminettes, en 2022, à la suite de la découverte fortuite de restes humains à plus de 2 m de profondeur. La stratigraphie du remplissage de la cavité a permis de préciser les phases de fréquentations des bords de la doline où s’ouvre l’igue. Il s’agit principalement du Néolithique ancien et moyen et celles plus ponctuelles du Second âge du Fer et de l’époque gallo-romaine. L’étude du niveau sépulcral, en place mais partiellement amputé par les travaux initiaux de désobstruction, a mis en évidence une sépulture primaire unique, celle d’un(e) adolescent(e), dépourvue de tout mobilier d’accompagnement et protégée par une structure en pierre. L’hypothèse d’un dépôt humain antérieur aux périodes ciblées par le matériel archéologique sus-jacent au niveau de la sépulture, a justifié d’envisager une datation radiocarbone.
Une sépulture aménagée. Une sépulture secondaire ? Une sépulture unique, isolée. Une sépulture datée : 3095 – 2913 cal BC à 95,4 %.
Résumé des auteurs
Nouvelles données sur l’architecture domestique de la fin du Néolithique en Charente : le site des « Marcioux » à Segonzac.
Les constructions domestiques de la fin du Néolithique en Charente ont des formes variées et les plans disponibles ne sont pas nombreux. La fouille du site des « Marcioux » à Segonzac a révélé, sur près d’1,5 ha, un habitat ouvert constitué d’au moins sept constructions sur poteaux plantés inédites, et de plusieurs fosses. Ces bâtiments, dont les formes varient peu, se répartissent en deux grandes catégories. Les plus vastes (15 x 7 m en moyenne) sont de plan quadrangulaire, à deux nefs, tandis que les plus modestes, à une nef, sont de forme quadrangulaire et constitués de 6 ou 9 poteaux. La variété du matériel archéologique (céramique, lithique, carporeste, faune) suggère des bâtiments aux fonctions variées, en lien avec des activités domestiques et agro-pastorales. S’ils apparaissent plutôt communs, dans leur forme notamment, ces plans possèdent tout de même des caractéristiques originales à l’échelle régionale (dimensions, choix architecturaux, etc.). Ces vestiges sont majoritairement datés entre 3300 et 2900 cal BC, soit à la toute fin du Néolithique récent ou au début du Néolithique final, et au moins deux phases d’occupation peuvent être proposées. Sur le plan culturel, les productions céramique et lithique se rapprochent de l’Artenac, groupe culturel du Néolithique final régional. Il faut enfin souligner la présence d’un bâtiment quadrangulaire à deux nefs, témoignant d’une occupation antérieure du site, à la fin du Néolithique moyen.
L’étude de 7 constructions sur poteaux, accompagnées de fosses ayant livré, entre autres, de la céramique, invite à associer artefacts et architectures pour caractériser les évolutions des bâtis et leurs spécificités fonctionnelles.
Résumé des auteurs
Peu avant sa brusque disparition en octobre 2025, mon ami Jean Vaquer m’avait soumis un manuscrit. PSO a retenu de l’éditer. Bien que publié plusieurs mois après sa disparition, Jean Vaquer est l’auteur de chaque mot et du choix des illustrations.
Edmée Ladier, Présidente de PSO
Les occupations préhistoriques du site de Minerve (Hérault). Secteur des lices nord-orientales.
Des vestiges archéologiques d’occupations préhistoriques du promontoire de Minerve ont été mis au jour entre 2014 et 2019 lors des fouilles préventives et des surveillances de travaux publics dirigées par F. Loppe. Cette fouille préventive accompagnait la réalisation d’un projet de consolidation et de restauration des lices nord-orientales de l’enceinte médiévale extérieure, qui limite la Cité de Minerve sur son côté oriental dominant le ravin du Brian. La présence de tels vestiges avait déjà été constatée lors de précédentes recherches qui avaient surtout permis d’identifier des éléments de l’âge du Bronze final dans le secteur sud de l’enceinte. Plusieurs séries proviennent des parties les plus profondes de divers sondages, notamment ceux faits pour établir des massifs de béton servant de points d’ancrage aux tirants de la courtine restaurée. Ils ont révélé une plus grande diversité d’aspects typologiques témoignant d’une succession d’occupations s’échelonnant sur une durée de plusieurs millénaires débutant au Néolithique moyen et se poursuivant au Néolithique final et à l’âge du Bronze ancien – moyen et final. En discriminant les diverses étapes d’occupation préhistorique et en localisant les points occupés par époque, il est possible de se faire une première idée de l’extension de ces implantations sur le site et d’émettre quelques hypothèses sur leur nature.
Des vestiges découverts lors de fouilles d’une enceinte médiévale ont révélé une succession d’occupations s’étendant du Néolithique moyen jusqu’à l’âge du Bronze final. Les auteurs tentent d’identifier l’extension de ces occupations et d’émettre quelques hypothèses sur leur nature.
Publié grâce au soutien
du Ministère de la Culture
du Département du Lot
L’association « Préhistoire du Sud-Ouest » est entièrement indépendante de la Mairie de Cabrerets. Nous remercions la commune, ses élus, et la direction du centre du Pech-Merle de leur soutien sans faille.