En 2024 et 2025, plusieurs de nos collègues du Sud-Ouest, passionnés de préhistoire, nous ont quittés.

Jean Plassard

Jean Plassard s’en est allé rejoindre les auteurs des 100 mammouths de Rouffignac que chaque jour, des décennies durant, il avait tenté de croiser.

Préhistoire du Sud-Ouest présente à sa famille ses très sincères condoléances.

Merci Monsieur Plassard.

Merci de la part de ces centaines de préhistoriens, disparus ou encore parmi nous, pour qui, 1/2 siècle durant, et souvent des heures durant, vous avez sans compter dépensé votre temps pour les emmener, le pas léger, rencontrer, dans la grotte de Rouffignac, ces chevaux, rhinocéros et mammouths intemporels.

Merci d’avoir su les graver dans la mémoire de ces porteurs d’histoire, tout aussi passionnément que les magdaléniens l’avaient fait sur les parois de la grotte.

Merci d’avoir chaque fois tenté, lors de ces visites, de tout faire pour que les artistes magdaléniens prennent votre place d’accompagnateur, pour qu’ils présentent ces œuvres dont vous avez été un court instant le respectable gardien.

Merci de la part de ces dizaines de milliers de visiteurs, que vous avez guidés, de vos mots et de vos gestes, ignorant qui vous étiez. Jamais, au sortir de visite, le guide n’était perçu comme « moyen ».

Merci de la part de cette grotte de Rouffignac à son « conservateur » de fait. Grâce entre autres à son « petit train », c’est une des grottes ornées ouverte au public qui a le moins souffert de l’impact indirect des visites. Merci d’avoir pesé de votre « bon sens », souvent discret et pourtant écouté par beaucoup.

Merci, à travers vos visites, vos conférences, et vos livres, d’avoir créé, après et avec votre père bien sûr, et avec la complicité des artistes magdaléniens, cette image de la grotte de Rouffignac qui aujourd’hui s’offre à nous.

Jean Vaquer

C’est avec une grande tristesse que nous apprenons la disparition brutale de notre collègue et ami Jean Vaquer.

Anthropologue, Directeur de Recherches émérite au CNRS, UMR TRACES, il a consacré sa carrière à la Préhistoire récente, et particulièrement à l’étude du Néolithique et du Chalcolithique d’Europe du Sud. Il a particulièrement étudié les formes de l’habitat du Néolithique moyen au Bronze ancien dans le Languedoc occidental. Auteur de très nombreux articles et ouvrages, il s’est beaucoup intéressé aux principaux moyens d’échanges, en particulier à la diffusion des objets de prestige et des matériaux comme le silex ou l’obsidienne. Il était aussi archéologue de terrain, et a fouillé de nombreux sites majeurs en France et en Italie. On se souvient de ses travaux sur la grande enceinte de Villeneuve-Tolosanne et de sites ceinturés du Néolithique final de l’Aude.

Au cours de sa longue et fructueuse carrière, il a collaboré avec nombre de chercheurs renommés tant en France qu’à l’étranger. Il a organisé des colloques scientifiques, et contribué à nombre d’entre eux. Il a formé de nombreux étudiants à l’EHESS et à l’Université de Toulouse-Jean-Jaurès.

Jean était adhérent de Préhistoire du Sud-Ouest depuis 1996, et a publié dans les années 2010 plusieurs articles en collaboration dans le Bulletin. On pourra en trouver la liste dans l’Index des publications.

Toujours actif, il avait soumis début septembre à Préhistoire du Sud-Ouest un article cosigné sur « La préhistoire de Minerve ». Cet article en cours de relecture sera publié en 2026.

C’est un grand chercheur et homme de bien, très attaché aux terroirs méridionaux auxquels il a consacré tous ses travaux, qui nous a prématurément quittés. 

Préhistoire du Sud-Ouest présente à son épouse Lucile et à toute sa famille ses plus sincères condoléances.

Edmée Ladier

Présidente de PSO

Nicolas Valdeyron

C’est avec une profonde émotion et une grande tristesse que nous avons appris la disparition brutale de notre collègue Nicolas Valdeyron. Professeur de Préhistoire à l’Université de Toulouse-Jean-Jaurès, pilier du Laboratoire Traces, Nicolas Valdeyron était un spécialiste reconnu des cultures épipaléolithiques et mésolithiques. Nicolas nous avait honorés de sa présence lors de notre dernière Assemblée Générale, le 23 mars dernier. Il nous avait présenté un résumé de ses travaux au Cuzoul de Gramat, et ses projets pour la prochaine campagne de fouilles, prévue pour cet été. La Préhistoire perd un grand chercheur, ses collègues un ami chaleureux et généreux, dont la drôlerie les enchantait.

Préhistoire du Sud-Ouest présente à sa famille ses très sincères condoléances.

Edmée LADIER, Présidente de Préhistoire du Sud-Ouest.

En 2016, Nicolas Valdeyron présentait ses recherches au Cuzoul de Gramat.

Michel Soulier

Formé à l’école de François Rouzaud, il était un exceptionnel relais entre le monde de la spéléologie et celui de la préhistoire souterraine.

Toujours ferme et posé.

La conservation patrimoniale : une priorité. La grotte ornée du Travers de Janoye, ou l’exceptionnelle grotte néandertalienne de Bruniquel, précédemment dite grotte de Pouxets, lui doivent beaucoup, lui qui n’a eu cesse de veiller à l’extrême régulation des accès.

Et le bon ordre des choses. Il était là, il y a quelques décennies, pour rappeler que le découvreur le la 3ème Vénus de le grotte ornée de La Magdeleine des Albis était un spéléologue, A. Bisio. Il était encore là, plus récemment, pour rappeler que le découvreur de la grotte de Bruniquel était aussi un spéléologue, B. Kowalczewski.

Préhistoire du Sud-Ouest présente à sa famille ses très sincères condoléances.

L’ombre des doigts de Michel Soulier accompagne les traces d’un ours des cavernes qui a griffé la paroi.

André Ipiens

Pour la Préhistoire du Sud-Ouest, André Ipiens est le découvreur de deux grottes ornées paléolithiques lotoises : la grotte de la Bigourdane en 1981, puis, en 1999, l’abri de Lagrave, un site clef dans l’histoire de l’art.

Des décennies durant, ce naturaliste de terrain a arpenté les causses du Lot. Il s’arrêtait devant chaque plante, chaque fleur, chaque feuille, mais aussi chaque insecte, chaque oiseau, ainsi que chaque pierre. Dans son regard de naturaliste, il avait su intégrer l’Homme. Il s’arrêtait donc aussi devant chaque sentier, chaque murette, chaque fossé, ainsi que, parfois avec un peu de tristesse, devant un bloc de béton, ou une plage de goudron.

C’est au cours de ces randonnées que, par deux fois, son regard aiguisé s’est porté sur de millimétriques incisions qui se sont avérées anthropiques, et paléolithiques.

Nous tous qui l’avons croisé, nous ne l’avons pourtant pas assez croisé ; pas assez pour mémoriser tout ce qu’il montrait ; pas assez pour apprendre son regard qu’il cherchait à nous transmettre.

Préhistoire du Sud-Ouest présente à sa famille ses très sincères condoléances.

1999, à l’abri de Lagrave :  lors de la découverte, avec T. Salgues, son complice d’alors.

 

2009, ici encore, à l’abri de Lagrave : indique-t-il un de ces iris sauvages qui poussent au-dessus du porche  ; montre-t-il les impacts d’exploitation dans cette ancienne carrière de grès ?

2020, toujours à l’abri de Lagrave : 20 ans après sa découverte, il est là pour participer à la protection de ce site, atteint par la « maladie verte ».

 

En hommage à André Ipiens, Préhistoire du Sud-Ouest publiera sur son site internet, un dossier consacré à chacune des grottes ornées qu’il a découvertes.

Rédaction Y. Le Guillou sauf mention contraire

Préhistoire du Sud-Ouest

Musée du Pech Merle

46330 – CABRERETS

prehistoiredusudouest@gmail.com

Suivez-nous !

L’association « Préhistoire du Sud-Ouest » est entièrement
indépendante de la Mairie de Cabrerets. Nous remercions la commune, ses
élus, et la direction du centre du Pech Merle de leur soutien sans
faille.