Publication récente

L’Igue du Gral (Sauliac-sur-Célé, Lot) :

Histoire d’un piège naturel au Pléistocène supérieur

Une publication scientifique dirigée par J.-C. CASTEL et M. BOUDADI-MALIGNE

Jean-Christophe Castel, vice-président de Préhistoire du sud-ouest, est devenu le spécialiste des faunes paléolithiques du Quercy.

1/4 de siècle d’étude d’une grotte du Lot (France) par une équipe de chercheurs franco-suisses.

Une synthèse de 10 000 heures de travail.

Attention :

Ce piège concerne les animaux. C’est un trou naturel dans lequel ils sont tombés.

Igue du Gral – Petit lexique

Igue
Voilà un nom que moins de 1 % des gens connaissent.
Igue : c’est le nom donné dans le sud de la France aux avens qui s’ouvrent sur le causse calcaire.
 Pas clair ?
Aven : Voilà un nom qu’un peu plus de 1 % des gens connaissent : c’est une grotte verticale, un puits naturel.

Causse : Voilà un nom que 1 % des gens connaissent : c’est le nom donné dans le sud-ouest de la France aux plateaux calcaires karstifiés.

Karstifiés : On retombe en-dessous du moins de 1 % des gens qui connaissent. Ce mot qualifie les massifs calcaires percés de grottes creusées par l’eau. Car il y a des roches calcaires comme le marbre ou la craie qui ne sont pas karstifiées.

Gral
Voilà un nom que 0 % des gens connaissent.
Et c’est bien normal.
Rien à voir avec le Graal, celui avec deux a, celui qui aurait récupéré le sang de Jésus lors de la crucifixion.
Notre Gral quercynois devrait s’écrire en majuscules : GRAL : Groupement des Radiesthésistes Amateurs du Lot.

Pour acheter :

 La publication n’est pas commercialisée.

 ISSN : 0253-6730.

Les notices au format .pdf peuvent être demandées à l’auteur : jean-christophe.castel@ville-ge.ch

La promotion des études dans l’Igue du Gral passe par une série de conférences organisées dans le Lot du printemps à l’automne 2026.

Les textes des notices de l’ouvrage concernant les thèmes présentés lors de ces conférences sont accessibles :

Que trouver dans ce livre

Ou ne pas y rechercher

C’est une publication scientifique.

Vous y trouverez la pointe des connaissances et de la recherche actuelle concernant les animaux qui peuplaient notre sud-ouest à la fin du Paléolithique.

Et bien sûr vous y trouverez aussi une présentation de la grotte et des études qui y ont été réalisées.

La qualité des illustrations et de la mise en page reflète-t-elle la qualité scientifique de l’ouvrage ? Oui, dans le cas présent.

Vous y trouverez l’illustration d’une méthode d’étude qui montre combien l’archéologue, qui dans les musées et les réserves étudie les ossements, doit solidement s’amarrer à une connaissance analytique du site dont les pièces étudiées sont issues.

Un site paléontologique fouillé avec une méthode et des questionnements d’archéologue.

Une fouille dirigée par des archéozoologues – des faunistes disait-on avec moins d’emphase il y a 50 ans.

Avec leur objectif : la connaissance des espèces animales. La qualité de conservation exceptionnelle des ossements a permis des études de l’ADN. Et c’est de loin le site paléontologique français le mieux daté (presque 100 dates au carbone 14 pour le Paléolithique).

Mais aussi avec des questionnements et méthodes de préhistorien :

Dès l’origine, l’étude de l’Igue du Gral s’est orientée vers des aspects anthropologiques. Qu’est-ce que l’étude soignée, méthodique, des faunes de l’époque peut apporter à la connaissance de l’homme de Cro-Magnon ?

 

Comme il se doit aujourd’hui, on procède par fins décapages. Et on réalise après chaque décapage, une couverture photogrammétrique 3D. Mais on procède aussi, sur site, à des relevés et dessins, pièce par pièce, associés à des observations dès le prélèvement des objets et même parfois avant. Un tamisage soigné de tout le sédiment est réalisé, permettant de traiter de la même façon une molaire de souris et un tibia de bison.

 

L’homme préhistorique n’a pas utilisé l’Igue du Gral. On peut donc comparer les faunes découvertes avec celles présentes dans les sites occupés par l’homme.

Des surprises dans le panel de faunes :

 – Présence du glouton et de l’antilope saïga.

 – Abondance du lièvre dans les niveaux paléolithiques alors qu’il est  absent dans les grottes habitées.

 – Absence étonnante d’aurochs entre 30 000 et 12 000 ans, alors que cet animal a tendance à tomber dans les avens et qu’il est dessiné sur les parois des grottes.

La méthode a permis de proposer une évolution des quantités relatives d’espèces animales présentes en Quercy au cours du Paléolithique supérieur.

Et une conclusion … pas nouvelle, mais confirmée : l’Âge du Renne n’est qu’un fait anthropique. Il est peut-être l’animal le plus utilisé par l’homme, mais il est loin d’être aussi présent qu’on le pensait.

Exemple de l’intérêt de l’étude d’un site sans présence humaine.

Tibia de renne de l’Igue du Gral. Ces stries, souvent interprétées comme des impacts de décharnement, ne sont pas d’origine humaine.

Études en cours concernant l’ADN

Les chevaux de l’Igue du Gral

L’étude dirigée par L. Orlando indique que des gènes liés aux taches des Appaloosas, ces chevaux américains amenés d’Europe par les conquistadors, sont présents chez des chevaux de l’Igue du Gral. L’Igue du Gral est à 10 km de la grotte du Pech Merle. Aisé donc d’en conclure que les points sur les chevaux dessinés dans la grotte du Pech Merle représentent des Appaloosa gravettiens. Mais attention : le naturalisme n’est pas une finalité artistique, surtout au Pech Merle.

 

Les bisons de l’Igue du Gral

Un programme suisse d’études en cours inclut les bisons de l’Igue du Gral. Il concerne les filiations complexes et les inter-croisements entre le Bison priscus, le Bison bonasus, l’actuel Bison d’Europe, ainsi que les croisements rares, mais peut-être pas sans conséquences, entre aurochs et bisons.

 

Les rennes de l’Igue du Gral

Un autre programme européen, coordonné en Suisse, fait des rennes de l’Igue du Gral la référence française dans l’étude des relations « familiales » entre les rennes paléolithiques de toute l’Europe, et leurs liens avec les rennes actuels de l’extrême nord de l’Europe.

 

Les loups de l’Igue du Gral

M. Boudadi-Maligne chapeaute une enquête ADN sur les loups de l’Igue du Gral, intégrant cette donnée intéressante pour leur évolution et leur domestication : les loups de l’Igue du Gral sont strictement contemporains des premiers chiens.

Un livre pour qui ?

Un sujet complexe et parfois tabou.

Une publication de 540 pages, destinée à un public scientifique tout en tentant de rester accessible aux amateurs.

Des dizaines de pages de tableaux de mesures d’ossements, et de courbes statistiques. Elles sont et seront, très utiles, voire nécessaires, à la progression des connaissances sur l’évolution des espèces animales concernées et sur leurs liens avec les hommes. 

Mais ces tableaux, rigoureusement élaborés, intéresseront au mieux, à chaque génération, quelques dizaines de chercheurs de par le monde. Et ces chercheurs voudront les versions numérisées natives, sous formes de tableurs interconnectables avec leur propre recherche. Auront-ils de l’intérêt pour la version papier qu’est le présent ouvrage ?

Alors à qui sont destinés tous ces tableaux, ainsi que les dizaines de plans de répartition et coupe que peut-être personne ne tentera de lire ?

Des dizaines de photos de qualité, surtout celles des os, aèrent le texte, captent l’œil du lecteur, lui imposant un court instant de concentration.

Peut-être ces illustrations servent-elles d’éléments probants destinés aux collègues qui contrediraient ou reprendraient la suite des études. Peut-être sont-elles là pour justifier du sérieux du travail réalisé ? Mais justifier auprès de qui ?

Quoiqu’il en soit, la masse d’illustrations et tableaux de tous types rend la lecture agréable, tout comme l’est le survol en feuilletant les pages.

Les habitants du causse de Sauliac où se trouve l’Igue du Gral y trouveront la preuve de l’intérêt patrimonial de leur région : la communauté scientifique internationale s’est investie dans plus de 500 pages de publication, 1/4 de siècle de recherche, et ce n’est pas fini.

Le dernier paragraphe du livre :

Un ouvrage qui sera une publication de référence pour toute étude de faunes paléolithiques de notre sud-ouest et même au-delà.

Rédaction Y. Le Guillou

L’association « Préhistoire du Sud-Ouest » est entièrement
indépendante de la Mairie de Cabrerets. Nous remercions la commune, ses
élus, et la direction du centre du Pech Merle de leur soutien sans
faille.